Mémoire technique Par L'équipe Olra

Mémoire technique carrelage : exemple commenté

Exemple de mémoire technique carreleur pour marché public : Qualibat 6311-6321, NF DTU 52.1/52.2, chape, support, gestion découpes, RSE. Sections annotées.

Un mémoire technique carrelage en marché public se perd dans la moyenne faute d'un argument technique précis : le carreleur pose ses références, cite une norme DTU dans la marge et envoie un planning au mois près. L'acheteur, lui, cherche la preuve que vous avez lu l'annexe technique du CCTP — l'état du support, l'épaisseur de chape, la classe d'abrasion des carreaux, le classement UPEC des locaux. Sans ces éléments, la note stagne entre 10 et 13 sur 20, même pour une entreprise irréprochable.

Cet article propose un exemple commenté de mémoire technique pour un lot carrelage-revêtements de sol, avec le tableau des sous-critères fréquents et des extraits de sections annotées. Pour la méthode universelle applicable à tous les lots, consultez notre guide complet du mémoire technique de marché public. Pour générer automatiquement un plan calibré sur votre RC, utilisez la rédaction de mémoire technique par IA.

Points clés à retenir
  • La qualification Qualibat 6311 (carrelage mosaïque) ou 6321 (revêtements muraux en carrelage) conditionne la recevabilité : une qualification manquante ou expirée est une élimination avant l'analyse technique.
  • Le classement UPEC des locaux (usage, piétinement, eau, produits chimiques) est le référentiel de sélection des carreaux : tout produit proposé dans le mémoire doit afficher un classement compatible avec celui prescrit dans le CCTP.
  • La qualité du support et l'épaisseur de chape (NF DTU 52.1 §4) sont le sous-critère le plus souvent bâclé : un mémoire qui détaille le protocole de vérification du support gagne systématiquement des points face à un concurrent qui les ignore.
  • Les déchets de découpe (chutes de grès cérame, colles et joints en sac) sont des déchets inertes ou non dangereux selon les produits : leur filière d'élimination doit figurer dans la section environnement du mémoire.
  • Un engagement sur la planéité finale (tolérance 2 mm sous la règle de 2 m, NF DTU 52.1 §8) est un différenciant concret que la plupart des mémoires carrelage n'incluent pas.

Spécificités d'un appel d'offres carrelage en marché public

Le lot carrelage couvre des réalités très différentes selon le type de bâtiment : sol de cuisine collective avec dalle chauffante, carrelage antidérapant de piscine, faïence sanitaire d'EHPAD, revêtement de sol de gymnase. Avant d'écrire la première ligne du mémoire, quatre questions structurantes méritent une réponse dans le DCE :

  • Qualification Qualibat requise : Qualibat 6311 couvre la pose de carrelage et mosaïque (sols et murs intérieurs courants) ; 6321 couvre les revêtements muraux en carrelage (faïences, mosaïques, bardages céramique) ; 6331 couvre les revêtements de sols en pierre naturelle. Vérifiez le RC : sur un marché incluant à la fois les sols en grès cérame et les murs en faïence, les deux codes peuvent être exigés simultanément. Le niveau de qualification (1 à 4) figure également dans le RC.
  • Classement UPEC des locaux : le CCTP précise le classement UPEC requis local par local. U (usure), P (poinçonnement), E (eau), C (produits chimiques) : chaque indice va de 2 à 4 selon la sévérité. Un local U4P3E3C2 (hall d'hôpital) n'accepte pas les mêmes carreaux qu'un bureau U2P2E0C0. Assurez-vous que chaque carreau proposé dans le mémoire porte un classement UPEC au moins équivalent à celui prescrit.
  • État du support et type de chape : carrelage sur dalle béton brut, sur chape ciment, sur chape liquide anhydrite, sur plancher chauffant, sur structure bois — chaque configuration implique une préparation de support et une colle différentes. Le CCTP ou ses plans précisent la nature du support ; votre mémoire doit décrire le protocole de vérification et de traitement correspondant.
  • Présence d'amiante ou de plomb : sur tout bâtiment construit avant 1997, un rapport de repérage amiante est fourni dans le DCE. Si des colles ou enduits contenant de l'amiante sont présents sous le carrelage existant (colle "chrysotile" des dalles vinyles années 1970-1990), une procédure SS3 ou SS4 s'impose avant toute dépose. Vérifiez systématiquement l'annexe de repérage.

Ces paramètres déterminent la structure et la densité technique de chaque section. Un acheteur qui lance un lot carrelage dans une cuisine centrale de collectivité ne cherche pas les mêmes garanties que celui qui rénove les sols d'une mairie. Pour apprendre à lire ces attentes dès la phase d'analyse du DCE, consultez notre article sur les critères de notation des marchés publics.

Sous-critères techniques fréquents en carrelage

Le tableau ci-dessous synthétise les sous-critères les plus souvent rencontrés dans les RC de marchés publics de carrelage. Les pondérations sont indicatives : la grille de votre RC fait foi.

Sous-critère Pondération typique Ce que l'acheteur évalue
Méthodologie de pose et préparation des supports 25 à 40 % Protocole de vérification du support, traitement des supports défectueux, choix du mortier-colle (C1, C2, C2S1, C2S2 selon EN 12004), référence aux articles du CCTP
Qualité et performance des produits proposés 20 à 30 % Classement UPEC compatible, résistance au glissement (R9 à R13 selon DIN 51130), absorption d'eau (groupe BIa à BIII selon EN 14411), fiches techniques jointes
Moyens humains et qualifications 10 à 15 % Qualibat, expérience du chef de chantier, certifications spécifiques (chauffage au sol, joints d'étanchéité)
Planning et coordination coactivité 10 à 15 % Phasage réaliste (délais de séchage chape, cure du carrelage), coordination avec lots CVC (plancher chauffant) et cloisons
Gestion des supports et joints de dilatation 10 à 15 % Positionnement des joints de dilatation (espacement conforme NF DTU 52.1), traitement des zones humides (SPEC, étanchéité sous carrelage)
Gestion environnementale et déchets de découpe 5 à 10 % Filière des chutes de carreaux (inertes), gestion des colles et joints (non dangereux ou dangereux selon composition), nuisances sonores découpe
Références similaires 5 à 10 % Marchés publics carrelage de même nature (cuisine collective, piscine, ERP scolaire), montants, attestations de bonne exécution

Le sous-critère "préparation des supports" peut monter à 40 % sur les marchés de réhabilitation où le support existant est dégradé (décollement, fissures, différentiel d'humidité). Sur les marchés avec plancher chauffant hydraulique, la vérification de la mise en chauffe préalable (protocole de montée en température selon EN 1264-4) constitue souvent un sous-critère autonome. Calibrez le volume de votre mémoire sur ces poids : les 9 leviers pour améliorer la note du mémoire technique s'appliquent intégralement au lot carrelage.

Structure type du mémoire carrelage en 5 sections commentées

Voici la structure recommandée pour un lot carrelage-revêtements de sol en marché public de travaux, avec le contenu attendu dans chaque section et les pièges à éviter.

Section 1 : Présentation et références

Limitez-vous à 2-3 pages maximum. Sélectionnez 3 à 5 références strictement comparables : même type de local (cuisine collective, piscine, ERP scolaire), même ordre de grandeur en surface (m²) et en montant HT, marchés publics de préférence. Pour chaque référence, indiquez : maître d'ouvrage, localisation, surface posée en m², nature du carrelage (grès cérame, faïence, pierre), année d'achèvement, attestation de bonne exécution disponible.

L'erreur classique : lister 12 chantiers dont 10 sont des cuisines de restaurants privés pour un marché de réhabilitation de cuisine centrale scolaire. La référence scolaire similaire vaut dix fois une liste générique.

Section 2 : Méthodologie de pose

C'est la section pivot, souvent pondérée à 30-40 %. Structurez-la en phases chronologiques. Phase 1 : vérification et préparation du support (planéité, humidité, résistance mécanique). Phase 2 : application du mortier-colle et pose des carreaux avec réservation des joints de dilatation. Phase 3 : jointoiement et finitions. Phase 4 : contrôles et réception. Chaque phase doit nommer les produits retenus avec référence au CCTP et désigner la norme applicable (NF DTU 52.1 pour la pose scellée, NF DTU 52.2 pour la pose collée, NF P 61-203 pour les revêtements muraux).

Section 3 : Moyens humains et matériels

Nommez le chef de chantier avec son expérience en carrelage de marchés publics (types de locaux, surfaces traitées). Précisez les effectifs affectés au chantier et leurs qualifications. Listez les matériels spécifiques : scie à eau (diamètre de lame, débit, protection acoustique), malaxeur électronique à vitesse variable, niveau laser rotatif pour les grandes surfaces, ventouses de manutention pour les grands formats (60×60 cm et plus). Sur les chantiers en milieu occupé, précisez les équipements de réduction du bruit pour la découpe.

Section 4 : Planning prévisionnel

Le planning doit intégrer les délais incompressibles : temps de séchage d'une chape ciment (minimum 28 jours ou 1 semaine par cm d'épaisseur en cas de chape allégée), temps d'ouverture après mise en chauffe d'un plancher chauffant (48 h à température nulle selon EN 1264-4), temps de prise du mortier-colle avant jointoiement (24 à 48 h selon le produit et les conditions ambiantes). Un planning qui ignore ces délais est immédiatement identifié comme irréaliste par un acheteur averti ou un maître d'œuvre expérimenté.

Section 5 : Environnement, déchets et nuisances

Les chutes de carreaux en grès cérame, faïence ou pierre naturelle sont des déchets inertes (code 17 01 03 ou 17 01 02). Précisez le centre de tri ou la déchèterie professionnelle retenue. Les colles ciment et les coulis sont également inertes une fois secs. En revanche, les produits de nettoyage de sol (dégraissants, acides de jointoiement) peuvent être des déchets dangereux selon leur composition : précisez la filière spécifique. Mentionnez également la réduction des nuisances acoustiques liées à la découpe (créneaux horaires, écran phonique).

Normes DTU 52.x et classements carrelage : ce qu'il faut citer

La famille des NF DTU 52.x est la référence normative du lot carrelage en marché public. Citer une norme sans la rattacher au type d'ouvrage décrit dans le CCTP est une erreur aussi pénalisante qu'une norme oubliée.

NF DTU 52.1, 52.2 et NF P 61-203 : quel texte pour quel ouvrage

NF DTU 52.1 régit la pose scellée des carrelages et revêtements céramiques sur mortier de pose : c'est la référence pour les carrelages posés sur chape traditionnelle fraîche (pose "dans le bain") ou sur forme humide. Elle fixe les tolérances de planéité (5 mm sous règle de 2 m avant pose, 2 mm après), les pentes minimales en zone humide (1,5 % minimum selon §5.3) et les espacements des joints de dilatation.

NF DTU 52.2 régit la pose collée des carrelages céramiques et assimilés, qui est la technique dominante en rénovation et en construction neuve sur support sec. C'est elle qui définit les classes de mortier-colle (C1 normal, C2 amélioré, S1 déformable, S2 très déformable selon EN 12004), les exigences de planéité du support avant collage et les conditions de mise en chauffe des planchers chauffants.

NF P 61-203 (DTU 55.2) couvre les revêtements muraux adhésifs en carrelage : faïences de salle de bains, habillages muraux cuisine, revêtements muraux en ERP. Sur un lot purement mural, c'est la norme principale. Sur un lot sol + murs, citez les deux normes dans les sections correspondantes.

Classement UPEC et normes produit EN 14411

Le classement UPEC (Cstb) est le référentiel français de sélection des carreaux selon l'usage des locaux. Il complète la norme européenne EN 14411 qui classe les carreaux par groupe d'absorption d'eau (BIa, BIb, BII, BIII). En marché public, le CCTP précise généralement les deux : UPEC pour le niveau de performance attendu, EN 14411 pour la qualification du produit. Votre mémoire doit faire correspondre les deux références pour chaque carreau proposé.

Gestion des supports et plancher chauffant : le point le plus technique

Le plancher chauffant hydraulique (PCH) est la configuration la plus délicate pour un carreleur en marché public. Trois erreurs récurrentes éliminent des points sur ce sous-critère.

Protocole de mise en chauffe avant pose

La norme EN 1264-4 impose un protocole de mise en température de la chape de ragréage avant toute pose : montée progressive sur 7 jours jusqu'à la température nominale de fonctionnement, maintien à cette température pendant au moins 4 jours, puis descente à 18-20 °C au minimum 48 h avant le démarrage de la pose. Ce protocole est souvent coordonné avec le lot CVC. Votre mémoire doit le décrire et préciser les responsabilités : qui fournit le procès-verbal de mise en chauffe préalable signé par le lot CVC ? Quelle pièce joignez-vous au mémoire pour en attester ? Ces questions semblent procédurières mais l'acheteur les pose à la réception.

Choix du mortier-colle pour plancher chauffant

Sur plancher chauffant, la classe minimale requise est C2S1 (mortier amélioré, déformable) selon EN 12004. La classe C1 standard est inadaptée aux cycles thermiques du plancher chauffant : elle entraîne des décollements à moyen terme, engageant la garantie décennale de l'entreprise. Précisez dans le mémoire la classe du produit retenu, le nom commercial et le fournisseur (MAPEI, WEBER, ARDEX, BOSTIK selon votre approvisionnement habituel), et la fiche technique en annexe. L'acheteur qui voit C2S1 avec fiche technique sait que vous avez éliminé le risque — celui qui voit "colle à carrelage" sait qu'il prend un risque.

Système d'étanchéité sous carrelage en zone humide

En zone humide de type P3E3 (douches, locaux techniques, bains-douche en EHPAD), le CCTP impose souvent un SPEC — système de protection à l'eau sous carrelage. Le SPEC doit être compatible avec le mortier-colle retenu (même fabricant recommandé pour la garantie système). Précisez dans le mémoire : le nom et la référence du SPEC retenu, sa certification (avis technique CSTB en cours de validité), le nombre de couches et les délais de séchage entre couches, le relevé hauteur en pied de cloison (minimum 10 cm). Un SPEC sans avis technique CSTB valide est une non-conformité aux prescriptions usuelles des CCTP de bâtiments publics.

Erreurs fréquentes qui plombent la note en carrelage

Les erreurs communes aux mémoires techniques sont documentées dans notre article sur les leviers pour améliorer la note du mémoire technique. Le lot carrelage a ses pièges propres :

  • UPEC non vérifié pour chaque local : proposer un carreau UPEC U3P2E2C1 dans un local prescrit U3P3E3C2 (cuisine collective, vestiaire de piscine) est une erreur technique directement sanctionnée. Le mémoire doit inclure un tableau de correspondance local / classement UPEC prescrit / carreau retenu / classement UPEC du carreau proposé.
  • Joints de dilatation absents de la méthodologie : omettre de décrire le positionnement et le traitement des joints de dilatation est une lacune majeure. L'acheteur sait que les joints de dilatation mal positionnés causent des soulèvements à 3-5 ans. Les décrire précisément, avec l'espacement et le produit de remplissage (mastic élastomère, lame de néoprène), est un signal fort d'expérience terrain.
  • Plancher chauffant ignoré dans le planning : un planning qui ne mentionne pas le délai de mise en chauffe préalable (minimum 11 jours selon EN 1264-4) est irréaliste. Sur un chantier comportant un PCH, le carreleur est dépendant du lot CVC : ce délai doit apparaître dans le planning avec la mention "attente PV mise en chauffe fourni par lot CVC".
  • Mortier-colle non qualifié pour la configuration : "colle de carrelage" ou "colle ciment" sans classe EN 12004 est une erreur technique élémentaire. C1 pour une pose courante en bureau, C2S1 minimum pour plancher chauffant, C2S2 pour grands formats (>60×60 cm) ou carrelage extérieur exposé au gel.
  • Résistance au glissement absente de la fiche produit : sur les zones humides (piscine, cuisine, vestiaire, hall d'entrée extérieur), le CCTP prescrit souvent une résistance au glissement minimale (R10 ou R11 selon DIN 51130, A+B en usage pieds nus selon DIN 51097). Ne pas préciser la classe du carreau retenu sur ces zones est une omission que l'acheteur ou son BET relevé systématiquement.
  • Amiante non pris en compte en réhabilitation : sur un bâtiment antérieur à 1997, la colle des anciennes dalles vinyles ou le ragréage existant peuvent contenir de l'amiante. L'absence de mention de vérification du rapport de repérage dans la méthodologie est une lacune grave, surtout si l'acheteur a fourni ce rapport dans le DCE.
  • RSE traitée en une phrase : le sous-critère environnemental prend de l'importance dans les marchés publics depuis la loi Climat et Résilience. Indiquer les filières de recyclage des chutes de carreaux (centre de tri matériaux inertes), la réduction des emballages, les produits à faible émission COV (colles et enduits classe A+ ou équivalent), c'est répondre à un critère qui peut peser jusqu'à 10 % de la note technique.

RSE et développement durable : ce que l'acheteur public regarde en 2026

Le sous-critère RSE (responsabilité sociétale des entreprises) s'est renforcé dans les RC de marchés publics depuis 2022. En carrelage, quatre axes concrets peuvent être valorisés dans le mémoire sans surcoût ni promesse invérifiable.

Gestion des déchets de découpe. Les chutes de grès cérame et de faïence sont des déchets inertes. Précisez le centre de tri ou de valorisation retenu (granulats recyclés, remblais), avec son numéro SIRET et sa capacité à éditer un bordereau de réception matériaux inertes. Un seul paragraphe concret vaut mieux que deux pages de politique RSE générique.

Colles et jointoiements bas-COV. Les colles en pâte et certains produits à base de résines synthétiques émettent des COV. Précisez si les produits retenus ont une étiquette d'émission A ou A+ (arrêté du 19 avril 2011), en particulier pour les chantiers en bâtiment occupé (EHPAD, école en fonctionnement, bureau).

Carreaux à teneur en matière recyclée. Certains fabricants (Agrob Buchtal, Porcelaingres, Novoceram) proposent des carreaux grès cérame avec un taux de matière recyclée certifié (20 à 40 %). Si le CCTP le permet, proposer un carreau avec certification environnementale (label Grès de France, LEED credit MR) est un argument RSE traçable.

Réduction des nuisances de voisinage. La découpe de carreaux génère une exposition sonore significative (85 à 95 dB(A) à 1 m). Précisez les créneaux horaires de découpe (conformes aux arrêtés municipaux, en dehors des heures de classe si chantier en école), l'utilisation de scies à eau silencieuses ou la mise en place d'écrans phoniques mobiles.

Pour aller plus loin

Un mémoire technique carrelage qui décroche 16-18 sur 20 n'est pas plus long qu'un mémoire moyen. Il parle le langage du lot : la classe EN 12004 du mortier-colle, le classement UPEC du carreau, le protocole de mise en chauffe du PCH, la tolérance de planéité NF DTU 52.1 §8.1, le SPEC en zone humide. Créez votre compte Olra pour analyser votre prochain DCE carrelage et générer un plan de mémoire calibré sur les sous-critères réels du RC.

Questions fréquentes sur le mémoire technique carrelage

Quelle qualification Qualibat faut-il pour un marché public de carrelage ?

La qualification Qualibat requise dépend du périmètre du lot. Qualibat 6311 couvre la pose de carrelage et mosaïque (sols et murs intérieurs courants) ; 6321 couvre les revêtements muraux en carrelage (faïences, mosaïques) ; 6331 couvre les revêtements de sols en pierre naturelle. Un lot incluant sols en grès cérame et murs en faïence peut exiger 6311 et 6321 simultanément. Le niveau de qualification (1 à 4) est précisé dans le RC : le niveau 2 (Confirmé) est le plus fréquent sur les marchés intermédiaires. Une qualification absente ou expirée est éliminatoire avant l'évaluation technique.

Qu'est-ce que le classement UPEC et comment l'utiliser dans le mémoire ?

Le classement UPEC (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) évalue les carreaux selon quatre critères : U (usure par piétinement, de 2 à 4), P (résistance au poinçonnement, de 2 à 4), E (comportement à l'eau, de 0 à 3), C (résistance aux produits chimiques, de 0 à 3). Le CCTP précise le classement UPEC requis pour chaque local. Votre mémoire doit proposer des carreaux dont le classement UPEC est au moins équivalent à celui prescrit. Un tableau de correspondance "local / UPEC prescrit / carreau retenu / UPEC du carreau" est la façon la plus claire de répondre à ce sous-critère.

Quelle colle utiliser sur un plancher chauffant dans un marché public ?

Sur plancher chauffant hydraulique (PCH), la classe minimale requise est C2S1 (mortier-colle amélioré, déformable) selon la norme EN 12004. La classe C1 standard est inadaptée aux cycles thermiques du plancher chauffant et entraîne des décollements à moyen terme. Sur les grands formats (60×60 cm et plus), la classe C2S2 (très déformable) peut être nécessaire. Dans le mémoire, précisez la classe du produit retenu avec son nom commercial, son fabricant et la fiche technique en annexe. Sur plancher chauffant, respectez également le protocole de mise en chauffe préalable selon EN 1264-4 avant toute pose.

Quels DTU citer dans un mémoire technique de carrelage ?

Les normes à citer dépendent des ouvrages décrits dans le CCTP : NF DTU 52.1 pour la pose scellée des carrelages sur mortier de pose (chape fraîche) ; NF DTU 52.2 pour la pose collée des carrelages sur support sec (la technique la plus courante en rénovation) ; NF P 61-203 (DTU 55.2) pour les revêtements muraux adhésifs en carrelage (faïences, mosaïques murales). Ne citez que les normes correspondant aux ouvrages réellement décrits dans votre CCTP, avec les numéros de paragraphe pertinents : une citation précise vaut infiniment plus qu'une liste de normes collée-copiée.

Comment traiter les joints de dilatation dans le mémoire technique carrelage ?

Les joints de dilatation doivent être décrits dans la section méthodologie avec leur espacement (règle générale : 1 cm de joint pour 3 m de carrelage en champ libre, selon NF DTU 52.1 §6.4), leur emplacement (aux rencontres de matériaux différents, aux changements de direction, aux seuils de pièces), et leur produit de remplissage (mastic élastomère classe F25 selon EN ISO 11600, ou lame de néoprène selon la nature du support). Les joints de dilatation transmis par la structure doivent impérativement être reproduits dans le carrelage. Leur absence dans la méthodologie est une lacune que les maîtres d'œuvre expérimentés signalent systématiquement.

Faut-il prévoir un SPEC dans un mémoire technique carrelage pour zone humide ?

Oui, dès que le CCTP prescrit une protection à l'eau (locaux classés E2 ou E3 en UPEC : salles de bains, douches, bains-douche en EHPAD, cuisines collectives). Le SPEC (système de protection à l'eau sous carrelage) doit disposer d'un avis technique CSTB en cours de validité. Précisez dans le mémoire : le nom et la référence du SPEC retenu, le nombre de couches, les délais de séchage entre couches, le relevé en pied de cloison (minimum 10 cm). Un SPEC sans avis technique valide est une non-conformité qui peut être soulevée à la réception ou par le bureau de contrôle.

Quelle longueur pour un mémoire technique carrelage en marché public ?

Entre 10 et 16 pages pour un lot carrelage standard (surfaces inférieures à 1 500 m² en rénovation courante), entre 16 et 22 pages pour un lot complexe (cuisine centrale, piscine, bâtiment en activité avec phasage détaillé). Le tableau de correspondance UPEC et les fiches techniques produits sont joints en annexe et ne comptent pas dans les pages de texte. La section méthodologie doit être proportionnelle à sa pondération dans la grille du RC : si elle pèse 35 %, elle doit représenter environ 35 % des pages utiles. Un mémoire de 12 pages précis et référencé est plus efficace qu'un mémoire de 25 pages rempli de généralités.

Anas Rabhi
Anas Rabhi
Ingénieur IA · Tensoria
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