Chaque marché public attribué laisse une trace publique : le nom du titulaire, le montant, la procédure, la durée, le code CPV, l'acheteur. Ces données s'appellent les données essentielles de la commande publique — DECP — et elles sont accessibles gratuitement sur data.gouv.fr depuis le 1er janvier 2024. Pour tout candidat sérieux, elles constituent la matière première d'une analyse concurrentielle que la plupart de vos concurrents n'exploitent pas encore.
Cet article explique ce que sont exactement les DECP, quels champs elles contiennent, où les télécharger, et surtout comment les transformer en intelligence actionnable : identifier les attributaires récurrents sur votre secteur CPV, calculer les fourchettes de prix attribuées, repérer les acheteurs fidèles à un fournisseur, et cibler les zones géographiques à faible concurrence. Pour situer cette démarche dans une stratégie de réponse complète, consultez notre article sur l'utilisation de l'IA pour les marchés publics.
- Les DECP sont obligatoirement publiées par tout acheteur public pour chaque marché notifié à partir de 40 000 € HT (60 000 € HT depuis avril 2026), sur la base de l'article L2196-2 du CCP et de l'arrêté du 22 décembre 2022.
- Les données publiées incluent : SIRET et raison sociale du titulaire, montant, CPV, durée, procédure, lieu d'exécution, date de notification et sous-traitants déclarés.
- Le jeu consolidé est disponible sur data.gouv.fr en JSON (1,8 Go, mis à jour régulièrement) et en format tabulaire sur data.economie.gouv.fr pour une exploration sans code.
- En filtrant par CPV et département, on peut calculer la médiane des montants attribués, identifier le leader de marché et mesurer l'intensité concurrentielle sur n'importe quel secteur.
- Les DECP ont des limites : délai de publication de deux mois, champs facultatifs souvent vides (nombre d'offres reçues, sous-traitants) et qualité de saisie hétérogène selon les acheteurs.
Qu'est-ce que les données essentielles de la commande publique (DECP) ?
Les DECP sont l'ensemble des informations qu'un acheteur public est légalement tenu de publier après avoir attribué un marché. L'obligation est posée par l'article L2196-2 du Code de la commande publique et précisée par l'arrêté du 22 décembre 2022 relatif aux données essentielles des marchés publics, modifié en 2024 pour intégrer la publication centralisée sur data.gouv.fr.
Concrètement, pour chaque marché notifié à partir de 40 000 € HT (seuil porté à 60 000 € HT depuis avril 2026 par décret), l'acheteur doit publier un ensemble de champs structurés dans un format normalisé, dans un délai de deux mois suivant la notification. Ces données sont en open data, sous licence ouverte, exploitables librement à des fins commerciales comme à des fins de recherche.
Quelle est la base légale exacte des DECP ?
L'article L2196-2 du Code de la commande publique impose la publication des données d'attribution. L'arrêté du 22 décembre 2022 définit la liste exacte des champs, leur format technique (JSON conforme au schéma DECP v1.5) et le délai de publication. Depuis le 1er janvier 2024, la publication doit intervenir simultanément sur le profil acheteur et sur data.gouv.fr, qui devient la plateforme de référence unique pour la consolidation nationale.
Quels champs sont publiés dans les DECP ?
Le schéma DECP v1.5 distingue les champs obligatoires et les champs facultatifs. La plupart des analyses concurrentielles exploitent les champs obligatoires, qui sont les plus fiables.
Champs obligatoires — les plus utiles pour l'analyse
- SIRET et raison sociale de l'acheteur : identifier l'entité publique qui a attribué le marché ;
- SIRET et raison sociale du titulaire : c'est le champ central pour l'analyse concurrentielle — vous savez exactement qui a remporté le marché ;
- Objet du marché : description libre de la prestation ;
- Code CPV : classification européenne des produits et services — clé de voûte de tout filtrage sectoriel ;
- Lieu d'exécution (code INSEE ou département) : permet une analyse géographique précise ;
- Procédure utilisée : appel d'offres ouvert, procédure adaptée (MAPA), accord-cadre, etc. ;
- Montant HT : montant notifié à la signature — pas forcément le montant final en cas d'avenant ;
- Durée : en mois, permet de ramener les montants à une base annuelle ;
- Date de notification : date à laquelle le marché a pris effet ;
- Modifications / avenants : publiés en DECP complémentaires si le montant ou la durée est modifié au-delà des seuils réglementaires.
Champs facultatifs — souvent absents en pratique
- Nombre d'offres reçues (utile pour mesurer l'intensité concurrentielle, mais rarement renseigné) ;
- Identité des co-titulaires en groupement ;
- Sous-traitants déclarés au moment de la notification ;
- Critères de sélection et pondérations appliquées.
Le tableau suivant synthétise les champs les plus stratégiques pour une analyse concurrentielle :
| Champ DECP | Utilité pour l'analyse concurrentielle | Disponibilité réelle |
|---|---|---|
| SIRET titulaire | Identifier les concurrents attributaires, calculer leur part de marché par secteur | Obligatoire — généralement bien renseigné |
| Montant HT | Calculer médiane, percentiles, fourchettes de prix sur un segment CPV/géo | Obligatoire — fiable à la notification, peut différer du montant final |
| Code CPV | Filtrer par secteur d'activité, comparer des marchés comparables | Obligatoire — qualité variable (code trop générique parfois) |
| Lieu d'exécution | Cibler les zones géographiques sous-concurrencées ou à forte densité d'attributions | Obligatoire — parfois au niveau région seulement |
| Procédure | Distinguer MAPA (accès PME facilité) d'un AO ouvert (pression prix plus forte) | Obligatoire — bien renseigné |
| Durée | Annualiser les montants pour comparer des marchés de durées différentes | Obligatoire — parfois en jours plutôt qu'en mois |
| Nb offres reçues | Mesurer l'intensité concurrentielle réelle sur un segment | Facultatif — absent dans 60 à 70 % des marchés |
| Sous-traitants | Identifier les réseaux de co-traitance et les partenariats récurrents | Facultatif — très rarement renseigné à la notification |
Où télécharger les DECP : les trois sources à connaître
Trois points d'accès complémentaires permettent d'exploiter les DECP selon votre niveau technique et vos besoins.
data.gouv.fr — le jeu consolidé national (source de référence)
Depuis le 1er janvier 2024, data.gouv.fr agrège les DECP de l'ensemble des acheteurs publics français en un jeu consolidé unique. Le dataset représente environ 1,8 Go de données JSON, découpées en 36 fichiers par période, mis à jour plusieurs fois par semaine. La licence est Open Licence 2.0 — exploitation commerciale autorisée sans restriction. C'est la source la plus exhaustive, mais elle nécessite Python, R ou un outil ETL pour être exploitable.
data.economie.gouv.fr — l'interface de visualisation de la DAJ
La Direction des Affaires Juridiques du ministère de l'Économie propose une interface de visualisation interactive sur data.economie.gouv.fr. Elle permet de filtrer par acheteur, par CPV, par période et par région, et d'exporter en CSV ou Parquet directement depuis le navigateur. C'est l'entrée idéale pour une exploration sans compétences techniques particulières, avec un volume de données couvrant les marchés notifiés depuis 2019.
Les profils acheteurs individuels
Chaque acheteur public publie également ses propres DECP sur son profil acheteur (AWS, e-marchés publics, Achat Public, Klekoon, etc.). C'est utile pour suivre un acheteur spécifique en temps réel, mais pas exploitable pour une analyse multi-acheteurs. Le délai de publication sur le profil reste de deux mois après notification, ce qui introduit un décalage structurel dans toute veille DECP.
Comment exploiter les DECP pour analyser vos concurrents
La simple lecture des DECP ne produit aucune intelligence. C'est l'agrégation, le filtrage et la mise en perspective des données qui génèrent de la valeur. Voici les cinq axes d'analyse les plus efficaces pour un candidat aux marchés publics. Pour approfondir la lecture des signaux dans un DCE déjà publié, consultez notre article sur les signaux faibles dans un DCE révélant les intentions de l'acheteur.
Axe 1 — Identifier les attributaires récurrents par secteur CPV
La première question à poser aux DECP est : qui remporte systématiquement les marchés sur votre code CPV dans votre zone géographique ? En agrégeant les attributions sur 12 à 24 mois, filtré par CPV à 8 chiffres et par département, vous obtenez un classement des titulaires par nombre de marchés remportés et par montant total attribué. Ce classement révèle qui domine votre segment, qui progresse, et qui sort du marché.
Axe 2 — Calculer les fourchettes de prix attribuées
Pour chaque marché attribué sur votre CPV, vous disposez du montant HT notifié. En calculant la médiane, le 25e et le 75e percentile sur un échantillon représentatif (au moins 30 marchés comparables), vous obtenez une fourchette de prix de référence. Cette fourchette vous permet de calibrer votre offre financière : se positionner sous la médiane améliore votre note prix, au-dessus vous expose à un désavantage concurrentiel sans justification technique. Pour comprendre comment cette note prix est calculée dans les grilles d'évaluation, lisez notre article sur les critères de notation en marché public.
Axe 3 — Repérer les acheteurs fidèles à un attributaire
Certains acheteurs attribuent systématiquement leurs marchés au même titulaire, renouvellement après renouvellement. En croisant SIRET acheteur et SIRET titulaire sur plusieurs années, vous identifiez ces relations stables. Elles ne sont pas forcément le signe d'une pratique irrégulière — elles peuvent traduire une satisfaction réelle — mais elles signalent des marchés où votre probabilité de succès est structurellement plus faible. Mieux vaut orienter votre effort vers des acheteurs à l'historique plus diversifié.
Axe 4 — Mesurer l'intensité concurrentielle par zone
Le champ "nombre d'offres reçues" est facultatif et rarement renseigné. En revanche, le nombre de titulaires distincts sur un même CPV par département est calculable directement depuis les DECP. Un département avec 3 attributaires distincts sur 10 marchés est un marché oligopolistique — difficile à pénétrer. Un département avec 8 attributaires distincts sur 10 marchés est plus ouvert. Identifier les zones à faible concentration permet de prioriser vos candidatures là où l'effet de position dominante est moins fort.
Axe 5 — Suivre l'évolution des montants moyens
Sur un secteur donné, les montants moyens attribués varient d'une année à l'autre en fonction de l'inflation, des politiques d'achat et des évolutions réglementaires. En traçant la courbe des montants médians sur 3 à 5 ans, vous repérez si les acheteurs publics augmentent ou compressent leurs budgets sur votre segment — information directement utile pour vos projections de marge et vos décisions de réponse aux appels d'offres. Pour comprendre comment ces évolutions s'articulent avec les règles d'allotissement, consultez notre guide sur l'utilisation du BOAMP pour surveiller les marchés publics.
Cas pratique chiffré : CPV 90910000-9, Île-de-France, 12 mois
Voici un exemple concret de ce que produit une analyse DECP sur le secteur du nettoyage (CPV 90910000-9) en Île-de-France sur 12 mois glissants.
En filtrant le jeu consolidé data.gouv sur ce CPV et la région 11 (Île-de-France), on obtient un échantillon de 143 marchés notifiés, pour un montant total de 47,2 M€ HT. Voici les principaux indicateurs :
- Montant médian des marchés attribués : 84 000 € HT — c'est la référence de prix pour calibrer une offre compétitive sur ce segment ;
- Écart-type : 32 000 € — dispersion modérée, signe d'un marché relativement homogène en termes de taille de lot ;
- Premier attributaire : Atalian (12 marchés, 4,1 M€ cumulés, soit 8,7 % du volume régional) ;
- Deuxième attributaire : ELRES Propreté (8 marchés, 2,6 M€) ;
- Part des PME (effectif < 250 salariés, calculé via croisement SIRET/SIREN Sirene) : 61 % des marchés en nombre, 38 % en valeur — les grands groupes captent les marchés les plus importants ;
- Procédure MAPA : 72 % des marchés — porte d'entrée privilégiée pour les nouveaux entrants sur ce segment ;
- Acheteurs les plus actifs : APHP (11 attributions), Ville de Paris (9 attributions), Région Île-de-France (7 attributions).
Conclusions opérationnelles issues de cette analyse : cibler en priorité les acheteurs MAPA (72 % des marchés, procédure plus accessible), proposer un prix compris entre 65 000 € et 95 000 € HT sur les lots standard pour se positionner dans le premier quartile, et éviter les marchés de l'APHP (profil d'attributaire dominé par Atalian sur les 3 dernières années). C'est ce type de raisonnement que le module d'analyse concurrentielle d'Olra produit automatiquement à partir de vos CPV cibles.
Construire un dashboard DECP en quatre étapes
Si vous souhaitez exploiter les DECP directement, voici la méthode en quatre étapes pour construire un tableau de bord concurrentiel sans compétences avancées en data.
Étape 1 — Télécharger le jeu consolidé annuel
Rendez-vous sur data.gouv.fr, recherchez "données essentielles de la commande publique fichiers consolidés". Téléchargez le ou les fichiers JSON correspondant à l'année souhaitée. Chaque fichier pèse entre 40 Mo et 850 Mo selon la période. Si vous n'avez pas d'environnement Python, préférez data.economie.gouv.fr qui propose un export CSV directement filtré depuis l'interface.
Étape 2 — Filtrer par CPV, acheteur et lieu d'exécution
Chargez le fichier dans Excel, Google Sheets, ou un outil BI (Power BI, Metabase). Filtrez sur votre code CPV cible (colonne cpv ou codeCPV) et sur votre zone géographique (colonne lieuExecution.code — code département INSEE). Éliminez les lignes sans montant ou avec un montant à 0 (anomalies de saisie fréquentes). Vous obtenez un dataset propre, centré sur votre secteur.
Étape 3 — Agréger et calculer les indicateurs clés
Depuis ce dataset filtré, calculez :
- La médiane et les percentiles 25/75 des montants HT (MEDIANE et CENTILE dans Excel) ;
- Le nombre de marchés par titulaire (SIRET) pour identifier les leaders ;
- La part de marchés par procédure (MAPA vs AO ouvert vs accord-cadre) ;
- L'évolution annuelle du montant médian (grouper par année de notification).
Étape 4 — Visualiser et mettre à jour mensuellement
Créez un tableau croisé dynamique avec SIRET titulaire en ligne, année en colonne, et somme des montants en valeur. Ajoutez un graphique courbe sur la médiane annuelle. Mettez à jour le dataset chaque mois en téléchargeant le fichier le plus récent sur data.gouv.fr. Ce dashboard basique — deux heures de construction, trente minutes de mise à jour mensuelle — produit des insights que la majorité de vos concurrents ne calculent pas.
Les limites des DECP à connaître avant d'agir
Les DECP sont une source puissante, mais elles ont des limites structurelles que toute analyse honnête doit prendre en compte.
Délai de publication : deux mois de décalage
L'acheteur dispose de deux mois après la notification pour publier les DECP. Sur un marché actif, cela signifie que vous analysez des données vieilles d'au moins deux mois — voire davantage si l'acheteur publie tardivement. Ce décalage est acceptable pour une analyse de tendances, mais insuffisant pour une veille en temps réel sur les attributions de la semaine.
Qualité hétérogène selon les acheteurs
Certains acheteurs publient des DECP bien structurées, avec CPV précis à 8 chiffres et montant exact. D'autres publient des CPV génériques (90000000-7 au lieu de 90910000-9), des montants arrondis ou des objets de marché trop vagues pour être interprétables. Les données de petites collectivités sont souvent moins fiables que celles des grandes administrations centrales ou des CHU. Prenez toujours l'analyse avec une marge d'erreur de 10 à 15 % sur les agrégats.
Champs facultatifs structurellement absents
Le nombre d'offres reçues — l'indicateur le plus utile pour mesurer l'intensité concurrentielle réelle — est facultatif et absent dans 60 à 70 % des marchés. De même, les sous-traitants déclarés à la notification sont rarement renseignés, ce qui rend impossible l'analyse des réseaux de co-traitance depuis les DECP seuls.
Montant notifié ≠ montant final
Le montant publié dans les DECP est le montant à la notification — avant avenants. Sur les marchés longs (3 à 5 ans), des modifications significatives peuvent intervenir. Les avenants dépassant les seuils réglementaires doivent être re-publiés en DECP modificatives, mais la traçabilité n'est pas toujours garantie. Pour les marchés à bons de commande, le montant publié est souvent le maximum de l'accord-cadre — pas le montant réellement consommé. Pour approfondir comment lire les avenants et modifications dans un DCE, consultez notre article sur les offres anormalement basses et les mécanismes de contrôle de prix.
Outils gratuits et outils SaaS pour exploiter les DECP
Selon vos ressources et votre niveau d'ambition analytique, plusieurs outils permettent d'exploiter les DECP à différents niveaux de profondeur.
Outils gratuits et open source
- data.gouv.fr : téléchargement direct des fichiers JSON consolidés, sans inscription ;
- data.economie.gouv.fr : interface de visualisation et export CSV, filtres par acheteur, CPV et période ;
- DataMP : projet open source qui agrège et enrichit les DECP avec des données Sirene (effectif, secteur NAF) pour faciliter l'analyse des titulaires.
Outils SaaS spécialisés
- Vecteur Plus et France Marchés : plateformes d'intelligence commerciale qui combinent DECP et veille AO pour identifier les marchés à venir sur votre secteur ;
- Bee4Win : outil d'analyse concurrentielle centré sur la détection des attributaires récurrents et la simulation de prix ;
- Olra : intègre les DECP avec l'analyse du DCE en cours — dès qu'un avis est publié sur le BOAMP ou une plateforme acheteur, Olra croise les données DECP sur le CPV correspondant pour estimer la fourchette de prix attendue et les concurrents probables, sans manipulation manuelle des fichiers JSON.
La différence entre les outils gratuits et les solutions SaaS n'est pas l'accès aux données — elles sont open data pour tous — mais la vitesse et l'automatisation : là où un analyste expérimenté passe deux à trois heures à filtrer, agréger et interpréter les DECP sur un segment, un outil spécialisé produit le même résultat en quelques secondes, directement contextualisé au marché que vous analysez. Pour comprendre comment l'IA transforme plus largement la réponse aux appels d'offres, lisez notre comparaison entre Olra et ChatGPT pour les marchés publics.
Pour aller plus loin
- Utiliser le BOAMP pour surveiller les appels d'offres et anticiper les marchés
- Signaux faibles dans un DCE : ce que l'acheteur révèle sans le dire
- Comprendre les critères de notation d'un marché public pour calibrer son offre
- Offre anormalement basse : procédure, risques et comment l'éviter
- Comment utiliser l'IA dans les marchés publics sans perdre en qualité
- DPGF, BPU, DQE : différences, usage et erreurs fréquentes
Croiser les DECP avec le DCE que vous analysez — CPV, acheteur, fourchette de prix, attributaires probables — en quelques secondes plutôt qu'en plusieurs heures : c'est ce que fait le module d'analyse concurrentielle d'Olra. Créez votre compte gratuitement et testez-le sur votre prochain appel d'offres.
Questions fréquentes
À partir de quel seuil un marché doit-il faire l'objet d'une publication DECP ?
Depuis avril 2026, le seuil de publication obligatoire des données essentielles est fixé à 60 000 € HT par décret, en cohérence avec le relèvement du seuil de procédure formalisée. Avant cette date, le seuil était de 40 000 € HT depuis 2022. Les marchés inférieurs à ce seuil ne sont pas soumis à l'obligation de publication DECP, même si certains acheteurs choisissent de les publier volontairement. Les contrats de concession ont leur propre régime de publication, distinct des marchés publics.
Les DECP révèlent-elles le nombre de candidats qui ont répondu à un appel d'offres ?
Le champ "nombre d'offres reçues" fait partie du schéma DECP v1.5, mais il est facultatif et absent dans la grande majorité des marchés publiés. En pratique, 60 à 70 % des DECP ne renseignent pas ce champ. Pour mesurer l'intensité concurrentielle, l'alternative est de compter le nombre de titulaires distincts sur un même CPV et une même zone géographique sur une période donnée — indicateur imparfait mais calculable depuis les données disponibles.
Peut-on utiliser les DECP pour prospecter des acheteurs publics ?
Oui, c'est l'un des usages les plus directs des DECP. En identifiant les acheteurs qui ont attribué des marchés sur votre CPV dans les 12 à 24 derniers mois, vous obtenez une liste d'entités publiques avec un besoin avéré dans votre domaine. En croisant avec la durée des marchés attribués, vous pouvez estimer les dates de renouvellement probables et cibler vos actions commerciales en amont de la publication du prochain avis. Cette approche est complémentaire — et non substituable — à la veille des avis publiés sur le BOAMP ou les profils acheteurs.
Comment trouver les DECP d'un acheteur public spécifique sans télécharger le fichier national ?
Deux méthodes simples : (1) sur data.economie.gouv.fr, utilisez le filtre "acheteur" en saisissant le nom ou le SIRET de l'entité — l'interface retourne l'ensemble de ses marchés publiés depuis 2019 ; (2) sur data.gouv.fr, l'API DECP permet des requêtes filtrées par SIRET acheteur sans télécharger l'intégralité du fichier consolidé. Ces deux méthodes conviennent pour le suivi d'un acheteur ciblé. Pour un suivi systématique de plusieurs dizaines d'acheteurs, le téléchargement du jeu consolidé reste plus efficace.
Les DECP permettent-elles d'identifier les sous-traitants de mes concurrents ?
En théorie oui : le schéma DECP v1.5 prévoit la publication des sous-traitants déclarés à la notification. En pratique, ce champ est très rarement renseigné — les sous-traitants déclarés après notification (dans le cadre de la procédure de déclaration de sous-traitance) ne font pas l'objet d'une mise à jour systématique des DECP. Pour identifier les réseaux de co-traitance de vos concurrents, une analyse croisée avec les avis d'attribution publiés au BOAMP (qui mentionnent parfois les groupements) est souvent plus fructueuse que les DECP seules.
Quelle est la différence entre les DECP et les avis d'attribution publiés au BOAMP ?
Les avis d'attribution au BOAMP sont des publications réglementaires obligatoires pour les marchés dépassant les seuils européens (environ 143 000 € pour les fournitures et services de l'État, 221 000 € pour les collectivités). Ils contiennent des informations similaires aux DECP mais dans un format narratif, moins structuré pour l'analyse automatisée. Les DECP couvrent tous les marchés à partir de 60 000 € HT (40 000 € HT avant avril 2026), dans un format JSON exploitable. Les deux sources sont complémentaires : les DECP pour l'analyse quantitative, le BOAMP pour le contexte qualitatif et les marchés de grande envergure.