Lors de l'analyse d'un DCE, beaucoup de candidats ouvrent le dossier financier et tombent sur trois sigles qui se ressemblent mais ne fonctionnent pas du tout de la même façon : DPGF, BPU, DQE. Les confondre, en négliger un, ou mal comprendre leur rôle dans l'analyse des offres peut coûter un marché — parfois même provoquer le rejet d'une candidature entière pour non-conformité.
Cet article distingue ces trois documents avec précision : leur définition juridique, le type de marché auquel ils s'appliquent, qui les produit, ce que l'acheteur en fait pour noter le critère prix, et les erreurs les plus courantes. Pour replacer ces pièces dans l'architecture globale d'un DCE, consultez notre méthode complète d'analyse DCE en 5 étapes avant de lire la suite.
- La DPGF s'applique aux marchés à prix global et forfaitaire : l'entreprise ventile son forfait en postes, mais c'est le total qui engage, pas les lignes.
- Le BPU fixe des prix unitaires appliqués aux quantités réellement exécutées — caractéristique des accords-cadres à bons de commande et des marchés de fournitures/services.
- Le DQE sert uniquement à comparer les offres : ses quantités sont fictives, fixées par l'acheteur, et n'engagent pas les volumes réels du marché.
- Inscrire 0 € sur un poste de DPGF ou de BPU est considéré comme une offre anormalement basse ou une non-conformité — cause de rejet dans la quasi-totalité des marchés.
- La hiérarchie contractuelle est : CCAP > CCTP > BPU/DPGF. En cas de contradiction, les pièces générales l'emportent sur les pièces financières.
DPGF, BPU, DQE : définitions et rôles dans le marché public
Ces trois documents constituent les pièces financières du DCE. L'acheteur public les produit sous forme de tableaux Excel (ou PDF à remplir), et le candidat les complète avant de déposer son offre. Mais ils n'ont pas le même objet, ni les mêmes effets juridiques.
La DPGF — Décomposition du Prix Global et Forfaitaire
La DPGF est associée aux marchés à prix global et forfaitaire. Dans ce type de marché, l'entreprise s'engage sur un prix total fixe pour l'ensemble des prestations définies au CCTP. Ce prix est réputé couvrir tous les travaux ou prestations, y compris les aléas normalement prévisibles.
La DPGF n'est pas un bordereau de quantités à facturer : c'est une décomposition interne du forfait. Elle ventile le prix global en postes et sous-postes (terrassement, fondations, gros-œuvre, etc.) pour permettre à l'acheteur de vérifier la cohérence économique de l'offre. Elle sert ensuite au paiement par situations : chaque situation de travaux s'appuie sur l'avancement par poste de la DPGF pour calculer le montant dû.
Point clé : si votre DPGF est incohérente (poste à 0 €, total différent de votre offre globale, poste manquant), vous ne modifiez pas le forfait — mais vous exposez votre offre à un rejet pour non-conformité ou à un litige lors du paiement. Pour comprendre les clauses du CCAP qui régissent ces mécanismes de paiement, lisez notre analyse des clauses contractuelles à surveiller dans le CCAP.
Le BPU — Bordereau des Prix Unitaires
Le BPU s'applique aux marchés où la rémunération est calculée sur les quantités réellement exécutées, multipliées par des prix unitaires préétablis. Ce mécanisme est caractéristique :
- des accords-cadres à bons de commande (article R2162-2 et suivants du Code de la commande publique), qui fixent un minimum et un maximum en valeur ou en quantité ;
- des marchés de fournitures et services à quantités estimatives (entretien, nettoyage, maintenance, approvisionnements) ;
- de certains marchés de travaux à bons de commande (notamment les marchés de voirie ou d'entretien de bâtiments).
Dans un BPU, l'entreprise renseigne un prix unitaire pour chaque prestation ou fourniture listée. Ce prix est contractuel : il s'appliquera à toutes les commandes émises pendant la durée du marché, quel que soit le volume réellement commandé. Un prix unitaire mal calibré dès l'offre ne peut pas être renégocié facilement — sauf si le marché prévoit une clause de révision des prix.
Le DQE — Détail Quantitatif Estimatif
Le DQE est souvent le document le moins bien compris. Il accompagne systématiquement le BPU dans les marchés à prix unitaires, et son rôle est strictement limité à la comparaison des offres.
L'acheteur fixe dans le DQE des quantités fictives et estimatives pour chaque prestation du BPU. Ces quantités sont identiques pour tous les candidats. La multiplication BPU × DQE produit un montant estimé qui sert de base au critère prix. Ce montant n'engage pas les volumes qui seront réellement commandés.
Concrètement : si l'acheteur estime 1 000 heures de maintenance dans le DQE et que le marché dure 3 ans avec une activité plus faible, il commandera peut-être 600 heures. Le candidat sera rémunéré sur les 600 heures réelles au prix unitaire du BPU — pas sur les 1 000 heures du DQE. Le DQE n'est qu'un instrument de notation, pas une promesse de volume.
Tableau comparatif : DPGF vs BPU vs DQE
| Document | Marché type | Objet | Qui le remplit | Conséquence d'une erreur |
|---|---|---|---|---|
| DPGF | Marché à prix global et forfaitaire (travaux, conception-réalisation) | Ventiler le forfait en postes pour vérification et paiement par situations | L'acheteur fournit la trame ; le candidat renseigne les montants par poste | Poste à 0 € = risque de rejet pour non-conformité ou d'OAB ; incohérence = litige sur situations |
| BPU | Accord-cadre à bons de commande, marché à quantités estimatives (fournitures, services, travaux d'entretien) | Fixer les prix unitaires contractuels applicables aux commandes réelles | L'acheteur fournit la liste des prestations ; le candidat renseigne ses prix unitaires | Prix unitaire à 0 € ou aberrant = OAB ou rejet ; prix surévalué = pénalisé sur le critère prix |
| DQE | Tout marché accompagné d'un BPU (accords-cadres, marchés à quantités estimatives) | Comparer les offres sur la base de quantités fictives identiques pour tous les candidats | L'acheteur seul fixe les quantités estimatives — le candidat ne remplit pas le DQE | Ne pas lire le DQE = ne pas comprendre comment votre prix sera noté ; quantités DQE ≠ volumes réels futurs |
Qui produit quoi : acheteur et candidat face au dossier financier
La répartition des rôles est souvent source de confusion chez les candidats moins expérimentés :
Ce que l'acheteur produit
L'acheteur public constitue et fournit dans le DCE :
- la trame de la DPGF : structure des postes et sous-postes, avec les désignations issues du CCTP ;
- le bordereau BPU : liste des prestations ou fournitures avec leurs unités (heure, mètre linéaire, unité, tonne…) ;
- le DQE avec les quantités estimatives déjà renseignées — le candidat n'a rien à saisir dans le DQE.
Ce que le candidat complète
Le candidat remplit :
- les montants par poste de la DPGF, en veillant à ce que leur somme corresponde exactement à son prix global forfaitaire ;
- les prix unitaires du BPU pour chaque prestation, en respectant les unités définies par l'acheteur ;
- éventuellement son mémoire financier ou ses coefficients de décomposition si le RC l'exige.
Pour une vision globale des pièces à produire et des pièges administratifs à éviter, consultez notre checklist des pièces administratives DC1, DC2, DC4 et notre guide pour analyser un DCE efficacement.
Comment l'acheteur note le critère prix avec le BPU et le DQE
Comprendre le mécanisme de notation prix est indispensable pour calibrer votre BPU. L'acheteur applique le plus souvent la formule suivante :
Note prix candidat = (Prix le plus bas de l'ensemble des offres / Prix du candidat) × Pondération du critère prix
Le "prix" utilisé dans cette formule est le montant issu du BPU × DQE — c'est-à-dire la somme de chaque prix unitaire multiplié par la quantité estimative correspondante du DQE. Cela a une conséquence directe sur votre stratégie :
- Les prestations avec de grandes quantités dans le DQE ont un impact fort sur votre note prix — un prix unitaire élevé sur ces lignes vous pénalise lourdement ;
- Les prestations avec de petites quantités dans le DQE ont un poids faible — vous avez plus de latitude sur le prix unitaire ;
- Repérer quelles lignes du BPU pèsent le plus dans le DQE vous permet d'allouer votre effort de compression de prix là où cela compte pour la notation.
Pour aller plus loin sur la construction de votre grille de notation, notre article sur les critères de notation en marché public explique comment décoder la pondération et simuler votre note avant de soumettre.
Mini cas chiffré : BPU × DQE et erreur fatale
Prenons un marché à bons de commande pour la maintenance d'espaces verts d'une commune. Le BPU comprend 12 prestations. Le DQE de l'acheteur prévoit 500 unités pour la prestation "tonte de pelouse (par 100 m²)".
Candidat A décide de surévaluer le prix unitaire de la tonte pour compenser une marge faible sur d'autres postes : il inscrit 85 € / 100 m² au lieu d'un prix de marché autour de 45-55 €. Sur les autres postes, ses prix sont compétitifs.
Résultat de la simulation BPU × DQE :
- Candidat A — tonte : 85 € × 500 = 42 500 € sur ce seul poste ;
- Candidat B (concurrent) — tonte : 50 € × 500 = 25 000 €.
Écart sur ce seul poste : 17 500 €. Si le critère prix pèse 50 % sur 20 points, et que le montant total BPU × DQE du candidat A est de 10 % supérieur à celui du candidat B, la perte de note sur le prix peut être de 1 à 2 points — souvent suffisant pour passer du premier rang au troisième. En pratique, un écart de ce type sur un poste à forte quantité dans le DQE équivaut à une disqualification économique de fait, même si l'offre est techniquement irréprochable.
Erreurs fréquentes sur la DPGF, le BPU et le DQE
Erreur 1 — Inscrire 0 € sur un poste de DPGF ou de BPU
C'est l'erreur la plus grave et la plus courante. Un poste à 0 € dans une DPGF ou dans un BPU signifie, aux yeux de l'acheteur, que vous effectuez cette prestation gratuitement. Cela peut entraîner deux conséquences :
- une offre anormalement basse (OAB) : l'acheteur est tenu de demander des justifications avant d'écarter l'offre (article L2152-5 du CCP) ;
- un rejet direct pour non-conformité si le RC précise que tout poste non renseigné est considéré comme inclus dans le forfait sans rémunération distincte.
Si vous avez décidé d'intégrer une prestation dans un autre poste, il faut l'écrire explicitement dans votre mémoire financier ou dans la note de présentation de votre offre — pas inscrire 0 €.
Erreur 2 — Confondre les quantités DQE avec les volumes commandés
Certains candidats, après avoir renseigné leur BPU, planifient leur charge de travail sur la base des quantités DQE. C'est une erreur de compréhension fondamentale. Le DQE est un outil de notation, pas une commande prévisionnelle. Les volumes réels commandés peuvent être très éloignés des quantités DQE — particulièrement dans les accords-cadres où le volume réel dépend des besoins in fine de l'acheteur, encadrés par le minimum et le maximum de l'accord-cadre (article R2162-4 du CCP).
Erreur 3 — Ne pas vérifier la cohérence total DPGF / prix global de l'acte d'engagement
Le total de votre DPGF doit correspondre exactement au prix que vous avez inscrit dans l'acte d'engagement (AE). Un écart de quelques euros (arrondi, oubli d'un poste) est une non-conformité qui oblige l'acheteur à demander des clarifications — et peut entraîner un rejet si le RC l'exige. Vérifiez systématiquement la cohérence avant de déposer votre offre.
Erreur 4 — Omettre un poste de la trame DPGF
L'acheteur a structuré sa DPGF en cohérence avec le CCTP. Chaque poste correspond à une prestation définie. Laisser un poste vide (sans montant ni mention) est interprété comme un oubli ou un refus d'exécuter la prestation. Pour identifier les éventuelles incohérences entre la trame DPGF et le CCTP, la lecture croisée des deux documents est indispensable — notre article sur comment lire un CCTP en 30 minutes vous donne la méthode.
Erreur 5 — Prix non apparents et prix nouveaux ignorés
Certains marchés à bons de commande prévoient des prestations qui n'étaient pas anticipées au BPU initial. Le CCAP définit généralement comment traiter les prix nouveaux : ils doivent être négociés avec l'acheteur avant exécution, selon une procédure précise. Ne pas avoir lu les clauses relatives aux prix nouveaux dans le CCAP peut amener à exécuter des prestations non prévues sans accord de prix préalable, donc sans rémunération assurée. Vérifiez systématiquement les clauses correspondantes — notre guide sur le règlement de consultation explique comment repérer ces clauses dès la première lecture.
Hiérarchie contractuelle : CCAP, CCTP, BPU, DPGF
En cas de contradiction entre les pièces contractuelles d'un marché public, c'est la hiérarchie définie dans l'acte d'engagement ou le CCAP qui prévaut. L'ordre standard est le suivant :
- Acte d'engagement (AE) et ses éventuelles annexes financières
- Cahier des clauses administratives particulières (CCAP)
- Cahier des clauses techniques particulières (CCTP)
- BPU ou DPGF
- CCAG applicable (CCAG-Travaux 2021, CCAG-FCS, CCAG-PI…)
Concrètement : si votre BPU prévoit un prix pour une prestation que le CCTP décrit différemment, c'est le CCTP qui fait référence sur le contenu de la prestation. Si votre DPGF omet un poste décrit dans le CCTP, l'acheteur peut considérer que la prestation est incluse dans votre forfait sans rémunération distincte. La lecture croisée CCTP/DPGF ou CCTP/BPU est donc impérative avant de renseigner vos prix.
Pour une grille de lecture des clauses du CCAP qui impactent directement votre rentabilité, consultez notre article sur les clauses toxiques du CCAP à détecter avant de vous engager.
DPGF et mémoire financier : le lien avec la notation qualité-prix
Dans certains marchés, notamment les marchés de conception-réalisation ou les marchés de services complexes, l'acheteur demande un mémoire financier en complément de la DPGF ou du BPU. Ce document est distinct du mémoire technique : il justifie les choix de décomposition des prix, les coefficients appliqués, et parfois les hypothèses de dimensionnement des ressources.
Le mémoire financier sert à deux fins :
- permettre à l'acheteur de détecter une offre anormalement basse avant rejet (article L2152-5 du CCP) ;
- évaluer la cohérence économique de l'offre au regard des exigences techniques du CCTP.
Un mémoire financier bien construit montre que vos prix unitaires ou vos montants de poste sont cohérents avec les moyens humains et matériels que vous annoncez dans le mémoire technique. Une DPGF avec un poste "encadrement de chantier" à 5 000 € sur un marché de 800 000 € sera difficile à défendre si votre mémoire technique indique un chef de projet à temps plein pendant 18 mois. Pour les erreurs qui fragilisent la crédibilité globale d'une candidature, lisez notre article sur les erreurs qui disqualifient automatiquement un mémoire technique.
MAPA travaux : cas concret DPGF sur la rénovation d'une école
Voici un exemple concret pour ancrer les notions. Un groupement scolaire publie une MAPA pour la rénovation de sa façade, lot maçonnerie-enduits. Montant estimé : 180 000 € HT. Procédure : MAPA avec mémoire technique. Critères : prix 55 %, valeur technique 45 %.
Le DCE comprend :
- un CCTP de 22 pages décrivant les travaux (ravalement, réfection des embrasures, traitement des fissures, peinture extérieure) ;
- une DPGF en 4 postes principaux (préparation/nettoyage, réparations structurelles, application enduit, finitions) avec 14 sous-postes ;
- un acte d'engagement à compléter avec le montant global HT.
L'entreprise doit :
- lire le CCTP et la DPGF en parallèle pour s'assurer que chaque sous-poste DPGF correspond à une prestation CCTP définie ;
- renseigner un montant par sous-poste, en vérifiant que la somme des sous-postes égale le total de chaque poste principal ;
- vérifier que le total général de la DPGF correspond exactement au montant inscrit dans l'acte d'engagement ;
- ne pas laisser de sous-poste à 0 € — si une prestation est intégrée dans un autre poste, l'indiquer par une note dans la case ou en annexe.
Dans ce marché à prix forfaitaire, il n'y a ni BPU ni DQE : le prix global est contractuel et couvre tous les travaux du CCTP. C'est la DPGF qui permettra à la maîtrise d'œuvre de vérifier l'avancement et de valider les situations de travaux mensuelles. Pour comprendre comment ce type de marché s'inscrit dans la procédure adaptée, relisez notre guide sur la MAPA et la procédure adaptée.
Signaux à surveiller dans le DCE pour anticiper le type de pièce financière
Avant même d'ouvrir les fichiers financiers du DCE, certains éléments du règlement de consultation et de l'avis de marché vous indiquent quel type de pièce vous allez devoir remplir :
- "Marché à prix global et forfaitaire" dans le RC ou le CCAP : vous aurez une DPGF ;
- "Accord-cadre à bons de commande" ou "minimum/maximum" mentionnés : vous aurez un BPU et un DQE ;
- "Quantités estimatives" ou "prestations évaluatives" : vous aurez un BPU et un DQE ;
- "Prix unitaires" dans les critères de jugement des offres : idem ;
- Marchés mixtes (forfait + bons de commande) : vous pouvez avoir les deux — une DPGF pour la part forfaitaire et un BPU pour la part à quantités variables.
Pour développer votre capacité à lire ces signaux dès les premières minutes d'analyse, notre article sur les signaux faibles dans un DCE recense les indices qui révèlent les intentions de l'acheteur avant même la lecture complète du dossier.
Pour aller plus loin
- Méthode complète pour analyser un DCE en 5 étapes
- Décoder le règlement de consultation : ce qu'il faut lire en premier
- Lire un CCTP en 30 minutes : méthode et points de vigilance
- Clauses toxiques dans le CCAP : comment les repérer avant de candidater
- Comprendre les critères de notation d'un marché public
- 7 erreurs qui éliminent automatiquement une candidature
- Accord-cadre marché public : types, durée et stratégie de réponse
- Chorus Pro : guide complet pour facturer un marché public
Analyser le BPU, le DQE et la DPGF d'un marché en quelques minutes — y compris simuler l'impact de vos prix unitaires sur la note — est une des fonctionnalités centrales d'Olra. Créez votre compte gratuitement pour tester l'analyse sur votre prochain DCE.
Questions fréquentes
Peut-on avoir une DPGF et un BPU dans le même marché ?
Oui, dans les marchés mixtes. Certains marchés combinent une part forfaitaire (avec DPGF) et une part à bons de commande sur des prestations complémentaires (avec BPU et DQE). C'est fréquent dans les marchés de réhabilitation qui incluent à la fois des travaux définis (forfait) et des travaux imprévus à commander selon les besoins (bons de commande). Le RC ou le CCAP précise toujours la part relevant de chaque mécanisme de prix.
L'acheteur peut-il modifier le DQE après publication du DCE ?
Oui, via un addendum au DCE publié sur la plateforme acheteur. Si les quantités DQE sont modifiées avant la date limite de remise des offres, tous les candidats en sont informés et le délai de réponse peut être prolongé. Si vous constatez une incohérence entre le BPU et le DQE (prestation présente dans l'un mais absente de l'autre), posez une question écrite à l'acheteur via la plateforme — cette question et sa réponse font partie du DCE et s'imposent à tous les candidats.
Que signifie "prix non apparent" dans un marché à prix unitaires ?
Un prix non apparent désigne une prestation exécutée mais non listée dans le BPU. Si la prestation n'est pas prévue dans le marché, elle doit faire l'objet d'un ordre de service modificatif et d'un prix nouveau négocié avec l'acheteur avant exécution. Le CCAP définit généralement la procédure : proposition du titulaire, accord de l'acheteur, formalisation par avenant ou par ordre de service selon le montant. Exécuter une prestation sans prix convenu expose à un litige sur la rémunération.
Comment l'acheteur détecte-t-il une offre anormalement basse sur un BPU ?
L'acheteur compare le montant BPU × DQE de chaque offre à une estimation interne ou à la médiane des offres reçues. Si votre montant est significativement inférieur (souvent plus de 20 à 30 % en dessous), l'acheteur est tenu par l'article L2152-5 du Code de la commande publique de vous demander des justifications écrites avant d'écarter votre offre. Des prix unitaires à 0 € ou anormalement bas sur les prestations à forte quantité dans le DQE déclenchent systématiquement cette procédure. Une OAB non justifiée est éliminatoire.
Le montant BPU × DQE constitue-t-il un engagement ferme sur les volumes ?
Non. Le montant BPU × DQE est un montant de comparaison fictif, utilisé uniquement pour noter les offres sur le critère prix. Il ne constitue pas une commande ni une garantie de volume. Dans un accord-cadre à bons de commande (article R2162-2 du CCP), seul le minimum contractuel représente un engagement ferme de l'acheteur — et encore, sous réserve que le minimum soit effectivement atteint. Le titulaire n'a aucun recours si le maximum n'est pas atteint, sauf clause contraire dans le CCAP.