Réglementation Par L'équipe Olra

DGD (décompte général définitif) : éviter les 7 pièges de fin de marché

DGD travaux marché public : projet de décompte final, DGD tacite, contestation, intérêts moratoires. Procédure CCAG Travaux 2021 expliquée pas à pas.

Le décompte général définitif est la dernière page du livre d'un marché public de travaux. Une fois signé (ou rendu tacite), il clôt définitivement les comptes entre l'entrepreneur et le maître d'ouvrage public. Aucune réclamation ultérieure n'est recevable, qu'il s'agisse de travaux modificatifs oubliés, de pénalités contestées ou d'intérêts moratoires non réclamés. Cette irréversibilité fait du DGD l'une des étapes les plus risquées de l'exécution d'un marché de travaux, et pourtant l'une des moins bien préparées par les entreprises.

Le CCAG-Travaux 2021 (arrêté du 30 mars 2021) a remanié la procédure du DGD en profondeur, notamment à son article 12. Il a clarifié les délais, précisé les conséquences du silence et renforcé les droits du titulaire sur les intérêts moratoires. Ce guide décortique la procédure étape par étape, identifie les 7 pièges qui coûtent le plus cher aux entreprises de BTP, et fournit un modèle de réserves à formuler pour protéger votre trésorerie. Pour maîtriser le cadre réglementaire d'ensemble, consultez notre décryptage complet du CCAG-Travaux 2021.

Points clés à retenir
  • Le DGD clôt définitivement les comptes du marché : toute réclamation omise est forclose sans recours possible, même devant le tribunal administratif.
  • L'entrepreneur doit envoyer son projet de décompte final dans les 30 jours suivant la date de notification du PV de réception : un seul jour de retard peut lui être opposé.
  • Si le maître d'ouvrage ne notifie pas son DGD dans les délais réglementaires, le DGD tacite s'applique : le projet de décompte final de l'entrepreneur vaut DGD (article 12.4.4 CCAG Travaux 2021).
  • Les intérêts moratoires sur le solde du marché courent de plein droit à compter du dépassement du délai de paiement : taux BCE + 8 points + indemnité forfaitaire de 40 €.
  • La contestation d'un DGD passe par un mémoire en réclamation sous 45 jours, puis par le comité consultatif de règlement amiable (CCRA) avant tout recours au tribunal administratif.

DGD, décompte général provisoire et PV de réception : les trois étapes à ne pas confondre

Avant d'entrer dans la procédure, trois notions doivent être distinguées. Elles se succèdent dans le temps et ont des effets juridiques très différents.

Le procès-verbal de réception (article 41 CCAG Travaux 2021) constate l'achèvement des travaux et transfère les risques à l'acheteur public. Il ouvre le délai de garantie de parfait achèvement (un an). La réception peut être prononcée avec réserves : ces réserves devront être levées par l'entreprise dans un délai fixé par l'acheteur. La réception ne règle rien sur le plan financier : elle ne porte ni sur les comptes du marché ni sur les réclamations.

Le décompte général provisoire (DGP) n'est pas un terme consacré par le CCAG 2021, mais souvent utilisé pour désigner les états de situation mensuels et l'état de compte provisoire établi en fin de chantier avant la procédure formelle du DGD. Il ne présente pas le caractère définitif et contraignant du DGD.

Le décompte général définitif (DGD) est le solde financier final et irrévocable du marché. Il est établi à l'issue d'une procédure contradictoire réglementée par l'article 12 du CCAG Travaux 2021. Il arrête le montant total des travaux exécutés, déduction faite des avances, acomptes, retenues et pénalités. Une fois notifié et accepté (ou rendu tacite), il constitue le décompte définitif opposable aux deux parties. La jurisprudence administrative est constante : les réclamations non formulées dans le cadre de la procédure du DGD sont irrecevables, y compris devant le juge administratif. C'est sur ce point que se concentrent la quasi-totalité des litiges de fin de marché. Pour vous familiariser avec les termes du droit de la commande publique, notre glossaire des marchés publics couvre les définitions essentielles.

Le calendrier complet de la procédure DGD (CCAG Travaux 2021, article 12)

La procédure du DGD obéit à une chronologie stricte. Chaque délai est opposable, à l'entrepreneur comme à l'acheteur. En voici le déroulement exhaustif.

Étape 1 : la réception des travaux (point de départ)

La procédure DGD commence à compter de la notification du procès-verbal de réception par l'acheteur ou son représentant (maître d'œuvre). La date de notification (et non la date de signature) est le point de départ légal de tous les délais qui suivent. Si la réception est prononcée avec réserves, la procédure du DGD court néanmoins : les réserves font l'objet d'un traitement parallèle, elles ne suspendent pas la procédure de décompte.

Étape 2 : projet de décompte final par l'entrepreneur (30 jours)

Dans les 30 jours suivant la notification du PV de réception, l'entrepreneur doit remettre à l'acheteur (ou au maître d'œuvre délégué) son projet de décompte final. Ce document récapitule l'ensemble des sommes qu'il estime lui être dues au titre du marché : travaux de base, travaux modificatifs (avenants, ordres de service), révisions de prix, indemnités, dommages et intérêts, et toute réclamation qu'il entend formuler.

C'est ici que se noue la majorité des litiges. Le projet de décompte final doit être complet et exhaustif. Toute somme non mentionnée, toute réclamation non chiffrée à ce stade sera considérée comme abandonnée. L'article 12.1 du CCAG Travaux 2021 est sans ambiguïté : le projet de décompte final doit faire apparaître l'ensemble des prestations exécutées ainsi que tous les chefs de réclamation. L'oubli d'une ligne de réclamation est définitif.

Étape 3 : établissement du décompte général par l'acheteur (30 jours)

À réception du projet de décompte final, le maître d'œuvre (MOE) instruit le dossier et prépare le décompte général. Ce document reprend les montants proposés par l'entrepreneur, les modifications apportées par le MOE (corrections de métrés, rejets de réclamations, application de pénalités), et arrête le solde à payer ou à rembourser. L'acheteur dispose de 30 jours pour établir et notifier ce décompte général au titulaire (article 12.2 CCAG Travaux 2021).

Étape 4 : acceptation ou contestation par le titulaire (45 jours)

À réception du décompte général, le titulaire dispose de 45 jours pour :

  • L'accepter sans réserve : il devient alors le DGD opposable aux deux parties. Le solde est payable dans le délai réglementaire (30 jours)
  • L'accepter avec réserves : il signe le décompte général mais notifie ses réserves par écrit et de façon motivée dans le même délai de 45 jours. Les réserves portent uniquement sur les points sur lesquels il est en désaccord avec l'acheteur
  • Le refuser : cas plus rare, réservé aux situations de désaccord total sur les bases du décompte

Si le titulaire signe sans formuler de réserves dans le délai de 45 jours, le décompte général vaut DGD définitif et toute contestation ultérieure est irrecevable. Si le titulaire accepte avec réserves ou refuse, la procédure de règlement du différend s'ouvre (voir section dédiée). Pour comprendre les leviers de modification financière en cours d'exécution, consultez notre guide sur l'avenant en marché public et le plafond de modification.

Le DGD tacite : quand le silence de l'acheteur joue en faveur de l'entreprise

L'article 12.4.4 du CCAG Travaux 2021 organise un mécanisme protecteur pour l'entrepreneur lorsque l'acheteur est défaillant dans ses délais : le décompte général définitif tacite.

Comment fonctionne le DGD tacite ?

Le DGD tacite se déclenche dans deux situations :

  • L'acheteur n'établit pas le décompte général dans les 30 jours suivant la réception du projet de décompte final de l'entrepreneur
  • L'acheteur notifie le décompte général mais ne répond pas aux réserves formulées par le titulaire dans un délai raisonnable

Dans le premier cas, si l'acheteur n'a pas notifié son décompte général dans le délai imparti, l'entrepreneur lui adresse une mise en demeure. Si, dans les 15 jours suivant cette mise en demeure, le décompte général n'est toujours pas notifié, le projet de décompte final de l'entrepreneur vaut DGD. C'est l'acheteur qui est en faute, et c'est la version du titulaire qui s'impose.

Comment invoquer le DGD tacite ?

La procédure est strictement formelle. L'entrepreneur doit :

  1. Vérifier que son projet de décompte final a bien été notifié dans les 30 jours post-réception et que le délai de 30 jours accordé à l'acheteur est expiré
  2. Envoyer une mise en demeure écrite à l'acheteur (par voie dématérialisée ou par courrier recommandé avec AR), mentionnant explicitement l'article 12.4.4 du CCAG Travaux 2021 et le délai expiré
  3. Attendre 15 jours ouvrés après réception de la mise en demeure
  4. Si aucun décompte général n'est notifié dans ce délai, notifier à l'acheteur que le projet de décompte final est réputé constituer le DGD, en conservant la preuve de l'envoi

Les 7 pièges qui coûtent cher aux entreprises de BTP

Piège 1 : ne pas envoyer le projet de décompte final dans les 30 jours

C'est l'erreur la plus fréquente. Le délai de 30 jours court à compter de la notification du PV de réception, non de sa signature. Si votre chantier se termine en période chargée et que le dossier administratif est relégué au fond d'un tiroir, ce délai peut passer inaperçu. Passé ce délai, l'acheteur peut établir le décompte général de sa propre initiative, sans reprendre vos réclamations. Vous perdez alors toute maîtrise du document qui clôt définitivement les comptes. Intégrez une alerte dans votre gestion de chantier dès la réception du PV.

Piège 2 : accepter un DGD avec des réserves mal formulées

Formuler des réserves sans les motiver suffisamment revient à ne pas en formuler. L'article 12 du CCAG Travaux 2021 exige que les réserves soient motivées, c'est-à-dire qu'elles identifient précisément le chef de désaccord, le montant en litige et les raisons du désaccord. Une réserve générale du type "nous contestons les montants de ce décompte" est inopérante. Elle n'ouvre pas la procédure de règlement amiable et ne conserve aucun droit. Voyez la section modèle de réserves plus bas pour la formulation correcte.

Piège 3 : oublier de réclamer les intérêts moratoires

Les intérêts moratoires ne sont pas accordés d'office sur le solde de DGD dans tous les cas. Si l'acheteur a payé le solde avec retard, les intérêts moratoires sont dus de plein droit, mais ils doivent être expressément réclamés dans votre projet de décompte final ou dans vos réserves au DGD. Si vous n'en faites pas mention, vous risquez de ne pas les percevoir. Le taux applicable est le taux directeur de la BCE (taux de refinancement) majoré de 8 points, plus une indemnité forfaitaire de 40 € par facture en retard (article L2192-14 du Code de la commande publique). Pour un marché de 500 000 €, 60 jours de retard de paiement représentent plusieurs milliers d'euros d'intérêts non négligeables.

Piège 4 : confondre réception et DGD

La réception et le DGD sont deux actes distincts, avec des effets différents. La réception transfère les risques et ouvre le délai de garantie : elle ne règle rien sur les comptes. Un entrepreneur qui signe un PV de réception sans réserves n'abandonne pas ses réclamations financières pour autant : il peut encore les formuler dans son projet de décompte final. En revanche, un entrepreneur qui signe le DGD sans réserves abandonne définitivement toute réclamation, y compris celles déjà formulées à la réception. La vigilance doit porter sur le DGD, pas seulement sur le PV de réception. Notre article sur les pénalités de retard en marché public détaille également les effets de la réception sur la facturation des pénalités.

Piège 5 : oublier les travaux modificatifs et les sujétions imprévues

Tout au long du chantier, des travaux supplémentaires ont pu être réalisés : ordres de service modifiant les prestations initiales, sujétions techniques imprévues, modifications à la demande du maître d'œuvre. Si ces travaux n'ont pas donné lieu à un avenant formalisé, ils doivent impérativement être réclamés dans le projet de décompte final. L'absence d'avenant ne signifie pas que vous ne pouvez pas être indemnisé, mais cela signifie que vous devez démontrer la réalité des travaux et l'ordre donné par l'acheteur ou son représentant. Conservez tous vos documents : comptes rendus de chantier, échanges de mails, ordres de service même informels, photos de réalisation. Pour les travaux supplémentaires d'un montant significatif, la procédure d'avenant est préférable : consultez notre guide sur l'avenant en marché public.

Piège 6 : signer le DGD sans réserve sous pression ou par méconnaissance

Il n'est pas rare que l'acheteur ou le maître d'œuvre exerce une pression, explicite ou implicite, pour obtenir une signature rapide du DGD. "C'est une formalité", "le paiement du solde est conditionné à votre signature", "vous n'avez de toute façon rien à contester". Ces formulations sont fréquentes et doivent déclencher votre vigilance, pas votre confiance. Rien ne vous oblige à signer immédiatement. Vous disposez de 45 jours. Prenez le temps de vérifier chaque ligne du décompte général, de comparer avec vos propres états de compte, et de consulter un juriste si les montants en litige sont significatifs. Une signature sans réserves, même sous pression, clôt définitivement vos droits.

Piège 7 : Ignorer les délais de prescription

Même avec des réserves correctement formulées au DGD, vous n'avez pas un droit éternel à réclamer. La prescription en matière de marchés publics est de 4 ans pour les créances sur les personnes publiques (article 1er de la loi du 31 décembre 1968), à compter de la date à laquelle la créance est née. Si vous avez formulé des réserves au DGD mais n'avez pas engagé de procédure amiable ou contentieuse dans ce délai, vos droits s'éteignent. La saisine du comité consultatif de règlement amiable (CCRA) interrompt la prescription. Pensez-y si les négociations directes avec l'acheteur n'aboutissent pas. Pour les marchés impliquant des sous-traitants, vérifiez également les délais spécifiques : notre article sur la sous-traitance en marché public (DC4) couvre les droits des sous-traitants en fin de marché.

Comment contester un DGD : procédure pas à pas

Vous avez reçu un décompte général avec lequel vous êtes en désaccord. Voici la procédure à suivre.

Étape 1 : le mémoire en réclamation (dans les 45 jours)

Dans le délai de 45 jours à compter de la notification du décompte général, notifiez à l'acheteur votre mémoire en réclamation. Ce document doit :

  • Identifier précisément le décompte général contesté (date, référence)
  • Lister chaque chef de contestation avec le montant correspondant
  • Motiver chaque contestation en fait et en droit (articles du CCAG, du CCAP, du marché, devis, ordres de service, photos)
  • Indiquer le montant total réclamé en supplément
  • Mentionner explicitement que vous agissez conformément à l'article 12.5 du CCAG Travaux 2021

Ce mémoire est déterminant : il fixe le périmètre de votre contestation. Vous ne pourrez pas ajouter de nouveaux chefs de réclamation lors des étapes ultérieures. Rédigez-le avec soin, idéalement avec l'appui d'un avocat spécialisé en droit public si les montants dépassent 50 000 €.

Étape 2 : la procédure amiable devant le CCRA

Avant tout recours contentieux, il est fortement recommandé, et pour les marchés de l'État souvent obligatoire, de saisir le Comité Consultatif de Règlement Amiable des Litiges relatifs aux marchés publics (CCRA). Ce comité rend un avis consultatif non contraignant, mais il a l'avantage de :

  • Interrompre la prescription quadriennale
  • Forcer un examen sérieux du dossier par une instance indépendante
  • Aboutir à un accord amiable dans environ 40 % des cas, ce qui évite les délais et coûts d'un contentieux administratif

La saisine du CCRA est gratuite et n'empêche pas un recours contentieux ultérieur si l'avis n'est pas suivi par l'acheteur. Les coordonnées du CCRA compétent (national ou régional) sont accessibles sur le site du ministère de l'Économie.

Étape 3 : le recours contentieux devant le tribunal administratif

Si la procédure amiable échoue ou n'aboutit pas à un accord satisfaisant, vous pouvez saisir le tribunal administratif (TA) compétent dans le ressort duquel le marché a été exécuté. Le recours porte sur le "plein contentieux contractuel" : le juge peut réformer le décompte, condamner l'acheteur à payer les sommes réclamées et les intérêts. Les délais de jugement en première instance varient entre 18 mois et 3 ans. L'assistance d'un avocat est obligatoire devant le TA. Pour les contentieux de la procédure de passation (avant signature du marché), les voies de recours sont différentes : notre article sur le référé précontractuel en marché public les détaille.

Les intérêts moratoires sur le DGD : calcul et réclamation

Les intérêts moratoires sont la contrepartie financière du retard de paiement de l'acheteur public. Ils sont dus de plein droit, sans mise en demeure, dès le premier jour suivant l'expiration du délai de paiement réglementaire.

Taux applicable et mode de calcul

Le taux des intérêts moratoires est fixé par l'article L2192-14 du Code de la commande publique : il correspond au taux de refinancement de la Banque Centrale Européenne (BCE) majoré de 8 points de pourcentage. Ce taux est révisé au 1er janvier et au 1er juillet de chaque année. À ce taux s'ajoute une indemnité forfaitaire de 40 € par facture payée en retard (transposition de la directive européenne 2011/7/UE).

Formule de calcul :

Comment réclamer les intérêts moratoires dans le cadre du DGD ?

Les intérêts moratoires sur le solde du marché doivent être inclus dans votre projet de décompte final (étape 2 de la procédure) si le paiement des situations précédentes a été tardif, ou formulés dans vos réserves au décompte général si le solde lui-même est payé en retard. Ne les laissez pas hors du périmètre du DGD : une fois le DGD signé sans réserves, vous perdez également le droit à ces intérêts pour les retards antérieurs.

Si l'acheteur refuse de régler les intérêts moratoires, ils entrent dans le périmètre du mémoire en réclamation et peuvent être réclamés devant le CCRA ou le tribunal administratif. Les juridictions administratives font généralement droit à ces demandes dès lors que le retard de paiement est établi.

Modèle de réserves au DGD : formulation opérationnelle

Voici un modèle de clause de réserves à adapter selon votre situation. Ce modèle doit être joint à votre signature du décompte général ou notifié séparément par voie dématérialisée dans le délai de 45 jours.

Deux points sont déterminants dans ce modèle : chaque réserve est individualisée (un chef de réclamation distinct) et chaque réserve est chiffrée. Une réserve non chiffrée est d'une efficacité juridique moindre, même si elle n'est pas nulle. Ajoutez systématiquement les pièces justificatives (comptes rendus, ordres de service, devis) en annexe numérotée.

Checklist DGD : ne rien oublier avant de signer

Avant de signer (ou de rejeter) tout décompte général, passez cette liste en revue :

  • Tous les travaux exécutés (base + modificatifs + supplémentaires) sont-ils intégrés dans le décompte général ?
  • Les révisions de prix ont-elles été appliquées correctement sur l'ensemble de la période d'exécution ?
  • Les avenants signés sont-ils tous pris en compte dans le montant de base du marché ?
  • Les pénalités éventuelles sont-elles justifiées par des ordres de service formels ? Leur montant est-il dans la limite du plafond CCAG (10 %) ou du CCAP ?
  • La retenue de garantie (5 % maximum) est-elle bien présente et sera-t-elle libérée à l'expiration du délai de garantie ?
  • Les situations mensuelles déjà payées sont-elles correctement déduites ?
  • Les avances versées en début de marché sont-elles remboursées au bon taux de déduction ?
  • Y a-t-il des retards de paiement sur les situations précédentes qui ouvrent droit à des intérêts moratoires ?
  • Des travaux réalisés sans ordre de service formel méritent-ils une réclamation ?
  • Les sous-traitants ont-ils été correctement payés ? Vérifiez votre propre conformité avant de signer le DGD : un manquement au paiement direct des sous-traitants peut avoir des conséquences. Notre guide sur la sous-traitance en marché public (DC4) couvre les obligations du titulaire.

Pour aller plus loin

Le DGD est l'aboutissement d'une exécution bien documentée. Les entreprises qui s'en sortent le mieux sont celles qui ont géré leur dossier administratif tout au long du chantier, et non dans les dernières semaines. Voici les ressources complémentaires pour aller plus loin :

Olra analyse vos DCE et identifie les clauses financières à risque avant même le démarrage du chantier : pénalités atypiques, retenue de garantie étendue, clauses de réception défavorables. Découvrez comment Olra peut sécuriser vos engagements contractuels dès la phase de candidature.

Questions fréquentes sur le DGD en marché public

Quel est le délai pour envoyer son projet de décompte final après la réception des travaux ?

L'entrepreneur dispose de 30 jours à compter de la notification du procès-verbal de réception pour transmettre son projet de décompte final à l'acheteur ou au maître d'œuvre (article 12.1 CCAG Travaux 2021). Ce délai court à compter de la date de notification, non de la date de signature. Passé ce délai, l'acheteur peut établir le décompte général de son propre chef, sans reprendre les réclamations du titulaire. Il est impératif de l'intégrer dans votre processus de clôture de chantier comme une tâche prioritaire dès la réception.

Qu'est-ce que le DGD tacite et comment l'invoquer ?

Le DGD tacite (article 12.4.4 CCAG Travaux 2021) se déclenche lorsque l'acheteur ne notifie pas son décompte général dans le délai réglementaire de 30 jours suivant la réception du projet de décompte final. L'entrepreneur doit alors adresser une mise en demeure écrite à l'acheteur. Si, dans les 15 jours suivant cette mise en demeure, aucun décompte général n'est notifié, le projet de décompte final de l'entrepreneur vaut DGD. Ce mécanisme est protecteur : c'est la version de l'entrepreneur qui s'impose. Conservez la preuve de l'envoi de la mise en demeure (accusé de réception).

Peut-on contester un DGD après l'avoir signé sans réserves ?

En principe, non. La signature sans réserves du décompte général vaut acceptation définitive des comptes du marché. Toute réclamation ultérieure est irrecevable devant le tribunal administratif, conformément à une jurisprudence administrative constante. Il existe de rares exceptions : erreur grossière, fraude ou dol de l'acheteur, vice du consentement ; mais ces hypothèses sont exceptionnellement admises par les juridictions. La seule protection efficace est la formulation de réserves motivées dans le délai de 45 jours.

Quel est le taux des intérêts moratoires sur un DGD payé en retard ?

Le taux des intérêts moratoires est égal au taux de refinancement de la Banque Centrale Européenne (BCE) majoré de 8 points de pourcentage (article L2192-14 du Code de la commande publique). Ce taux est révisé deux fois par an (1er janvier et 1er juillet). À ce taux s'ajoute une indemnité forfaitaire de 40 € par facture réglée en retard. Les intérêts courent de plein droit dès le premier jour suivant l'expiration du délai de paiement réglementaire, sans mise en demeure préalable. Ils doivent être réclamés dans le projet de décompte final ou dans les réserves au DGD.

Quel recours si l'acheteur refuse de reconnaître le DGD tacite ?

Si l'acheteur conteste le DGD tacite ou refuse de payer le solde correspondant, l'entrepreneur peut saisir le Comité Consultatif de Règlement Amiable des Litiges (CCRA) pour obtenir un avis indépendant sur la situation. Si l'avis du CCRA n'est pas suivi par l'acheteur, un recours devant le tribunal administratif est possible. La saisine du CCRA interrompt la prescription quadriennale. Il est impératif de conserver la trace de toutes les notifications : envoi du projet de décompte final, mise en demeure, et notification de la constitution du DGD tacite.

Anas Rabhi
Anas Rabhi
Ingénieur IA · Tensoria
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